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Heinz Brandt

Heinz Brandt

Littérature

  • Brandt, H.: Ein Traum, der nicht entführbar ist (1967)
  • Andresen, Knud: Widerspruch als Lebensprinzip. Der undogmatische Sozialist Heinz Brandt (1909-1986). (2007)

Né en 1909 à Posen (aujourd’hui, Poznan en Pologne), il commença à étudier l’économie politique dans les années 1920 à l’Université de Berlin. Il ne put toutefois achever son cursus, il fut en effet renvoyé en 1930 pour des raisons politiques. Un an plus tard, il entra au Parti communiste d’Allemagne (KPD, Kommunistische Partei Deutschlands). En raison de ses activités illégales contre le régime d’Hitler, il fut condamné en 1935 par le Tribunal suprême de Berlin à six ans de prison. Après une peine de sûreté passée dans les camps de concentration de Sachsenhausen et d’Auschwitz, il vécut la fin de la dictature nazie dans celui de Buchenwald. Puis, à son retour à Berlin, il travailla comme fonctionnaire au Parti socialiste unifié d’Allemagne, le SED (Sozialistische Einheitspartei Deutschlands). En 1952, il monta en grade en en devenant le secrétaire de direction pour la région de Berlin. Après la mort du dictateur soviétique Staline (le 5 mars 1953), il soutint en juin 1953 la "Nouvelle Voie" (Neuen Kurs), qui envisageait l’abandon des différentes mesures répressives à l’égard de la population. De sa propre initiative, le Bureau politique (Politbüro) revint sur sa décision d’augmenter les salaires alors gelés malgré les centaines de milliers de travailleurs qui manifestèrent les 16 et 17 juin dans toute la RDA.

Après la répression du soulèvement populaire, Heinz Brandt perdit sa position de dirigeant dans le SED dans le cadre de la purge au sein du parti. La divulgation des crimes perpétrés par Staline au cours du XXème Congrès du parti à Moscou (février 1956) et le destin de son frère Richard et de sa sœur Lilly, qui avaient émigré en Union soviétique et qui moururent lors de la purge ayant eu lieu également là-bas, accélérèrent son renoncement au communisme. En 1958, il finit par fuir avec sa famille à l’Ouest et devint rédacteur au journal syndical "Metall" (Metall). En RFA, il entretenait également des contacts avec le "Bureau de l’Est du SPD".

Le Ministère de la Sûreté de l’Etat (MfS, Ministerium für Staatssicherheit), qui, depuis un bon moment, le surveillait de près, l’attira à l’été 1961 à Berlin-Ouest. Sur place, ils lui firent prendre des stupéfiants par le biais d’une jeune femme et le kidnappèrent ensuite dans la partie Est de la ville. Après des mois d’interrogatoires au centre de détention provisoire de Berlin-Hohenschönhausen, la Cour suprême de la RDA le condamna en 1962 au cours d’un procès secret à treize ans de prison pour des "faits d’espionnage et propagande menaçant l’Etat et incitation grave au dénigrement de l’Etat". Durant presque deux ans, il demeura à la prison spéciale Bautzen II, jusqu’à ce qu’une campagne internationale de solidarité, à laquelle l’organisation humanitaire nouvellement créée pour les prisonniers politiques "Amnesty International" participa, obtienne sa grâce. Une fois revenu en RFA, il reprit son travail au journal syndical "Metall" et resta engagé jusqu’à sa mort en 1986 à Francfort-sur-le-Main en faveur des opposants poursuivis.