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helmut brand bio

Helmut Brandt

Littérature

  • Hermann Wentker: Ein deutsch-deutsches Schicksal. Der CDU-Politiker Helmut Brandt zwischen Anpassung und Widerstand, in: Vierteslsjahreshefte für Zeitgeschichte 3/2001, S. 465-506.

Né en 1911 à Berlin, il étudia le droit et l’économie, puis soutint une thèse de doctorat dans ces deux disciplines universitaires. A partir de 1929, il s’engagea dans le Parti populaire allemand (DVP, Deutsche Volkspartei), dont il fut le secrétaire jusqu’en 1933 au sein de l'assemblée du Reich (Reichstag). Il travailla ensuite à l’Institut Kaiser-Wilhelm au département d’économie et comme avocat. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut envoyé sur le front dans un premier temps puis, dans un second, employé au ministère de l’Armement. En juin 1945, il revint à Berlin, où il ouvrit son cabinet d’avocat. Au sein de la CDU (Christlich Demokratische Union), dont il fut l'un des membres fondateurs, il s’affirma comme le spécialiste des questions juridiques. Lors de la scission de l’organisation du parti à Berlin en 1948, il fit partie de ceux qui établirent dans la partie Est de la ville, une coalition régionale pro-soviétique. En raison de ses positions libérales, il fut toutefois bientôt évincé de la direction du CDU et expulsé en 1949 de son poste de secrétaire d’Etat au Ministère de la Justice de la RDA.

En mai 1950, il protesta auprès du ministre de la Justice de la RDA, Max Fechner, et auprès du chef de la CDU, Otto Nuschke, contre les procès dits "procès de Waldheim" (procès qui se sont déroulés en avril 1950 opposant l’Etat est-allemand à des prisonniers des camps soviétiques, relâchés du fait de la suppression des camps d’internement soviétiques), au cours desquels plus de 3.000 prisonniers des camps soviétiques avaient été jugés selon des procédures accélérées par des tribunaux spéciaux de la RDA. En septembre 1950, il fut arrêté par la Stasi et amené un an plus tard dans une cellule du sous-sol de la prison de Berlin-Hohenschönhausen. Après plus de quatre ans de détention préventive, la Cour suprême de la RDA le condamna, à l’issue d’un procès secret, à dix ans de prison en raison d’ "activité supposée menée contre l’Etat". Pour ce faire, il fut associé de manière tout à fait arbitraire au "groupe des conspirateurs" de Georg Dertinger, ministre des Affaires étrangères de la RDA (CDU), incarcéré en 1953. Sur la base d’un recours en grâce de l'homme politique Otto Nuschke, il sortit "avant délai" en septembre 1958 de la prison spéciale Bautzen II. Cependant, la Stasi voulant empêcher une apparition de Helmut Brandt devant la presse de l’Ouest, ils l’arrêtèrent une nouvelle fois, soit 36 heures plus tard alors qu’il tentait de fuir vers Berlin-Ouest.

Il revint à la prison de Berlin-Hohenschönhausen et fut condamné en mars 1959 à dix ans supplémentaires de prison par le tribunal du district de Francfort-sur-l'Oder pour des faits supposés d’"espionnage", d'"incitation à fuir la république", "propagande" et "campagne de dénigrement à l'encontre de l'Etat". Après 5095 jours de détention, il est racheté en août 1964 par le gouvernement de la RFA, de sorte qu’il pût déménager en Rhénanie. Il travailla ensuite à l’Université et comme expert au Parlement allemand (Bundestag). Comme il lui fut refusé d’entamer une nouvelle carrière politique au CDU de l’Ouest, il entra en 1977 au CSU (Christlich Soziale Union). Après la réunification en 1990, il participa activement à la révision du "procès de Waldheim". Il meurt en 1998 à Königswinter près de Bonn.